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Le premier texte qui place Espeyran dans la main des abbés de St-Gilles est la fausse lettre de Jean VIII, qui porte la date du 21 juillet 878, mais dont la rédaction ne semble pas antérieure au XIe siècle. Le document, rédigé dans le but de soutenir l’abbaye contre l’évêque de Nîmes, suit de près le texte de la Vie de saint Gilles, rédigée au Xe siècle. S’appuyant sur la donation de la Vallis Flaviana à l’ermite par un roi Flavius, il cherche à démontrer que l’abbaye est détentrice des lieux depuis son origine. La tradition place en effet la Baume et la source auprès de laquelle saint Gilles avait trouvé refuge, à peu près à mi chemin entre Espeyran et la ville. Parmi les biens que les moines revendiquent et qui sont mentionnés dans cette lettre figurent la ripam Gothicam et Aspiranum.

C’est, autrement dit, avec le site d’Espeyran, toute la zone entre la ville et les marais qui doit être reconnue à l’abbaye. Les moines doivent la jouissance de ce bien à la munificence d’un roi. Il s’agit donc, à l’origine, d’un bien royal et donc public, revêtu d’un statut juridique particulier qui le distingue des autres biens privés de l’abbaye.

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